Carnet de voyage : Le Sri Lanka
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Après le Congo, cap sur le Sri Lanka pour un apprentissage de terrain des plus instructifs…


Séduite par leur éclat et leur couleur subtile, les gemmes ont piqué ma curiosité, motivé ma reconversion professionnelle et déclenché une irrésistible envie de les découvrir dans leur plus bel écrin: la Nature ! C’est ainsi que chemina l’idée d’explorer quelques uns des sites producteurs.

Étape incontournable des anciennes routes commerciales entre l’Asie et l’Occident, le Sri Lanka frappe par sa diversité culturelle et séduit par la gentillesse de sa population. L’exploitation des mines au sud de l’île est ancestrale et de nombreux récits en témoignent. L’un des premiers témoignages nous est livré par Néarque, compagnon d’Alexandre le Grand qui mentionne vers 334 av. J.-C. une île, peu éloignée de la Perse, où de très belles gemmes sont extraites. Partir à la découverte de ces richesses naturelles et découvrir les ficelles du négoce m’ont décidé à franchir le pas.
Entre tradition et course effrénée au développement économique, le business s’organise dans le World Trade Center de Colombo tout comme dans les ruelles de Beruwela ou de Ratnapura au cœur de la province verdoyante de Sabaragamuwa, 2 centres névralgiques du commerce des pierres précieuses… Au cœur du business, les fameux saphirs ceylanais dont le bleu caractéristique signe la provenance et le très recherché « Padparascha » mais pas seulement ! Incroyable diversité de gemmes que celle qui nous est offerte ici (spinelles, grenats, rubis, saphir de couleurs…).
Leurs poches en sont pleines, de toutes tailles, de toutes formes. Brutes ou taillées, les gemmes font corps semble t-il avec tous les Sri Lankais que nous croisons dans la région sud de l’ile. Leur négoce est leur quotidien. Ici les pierres s’échangent et se monnayent dans la rue, à la lueur d’une lampe électrique ou d’un œil avisé. L’exploitation est restée très primitive, les alluvions récoltées au fond de petits puits sont lavées à l’aide d’un panier en osier, utilisé en guise de batée. Après triage, le gravier lavé livrera ses richesses. Dur labeur que celui-ci !

A l’abri des regards, certains s’attèlent à les sublimer tels ces « burners » qui pratiquent le « blow pipe » pour intensifier la couleur des saphirs « geuda » naturellement très pâles et qui après une chauffe régulière de plusieurs heures sur un brasier, vont devenir d’un bleu intense A cette pratique lapidaire ancestrale, contrôlée par le souffle de l’homme , certains préfèreront l’usage d’un four pour une montée plus importante en température avec le risque de dénaturer les inclusions de la gemme. Quelque soit la technique, qu’il s’agisse d’un simple embellissement ou d’un traitement digne de ce nom, le mode opératoire reste artisanal.
Nombreuses seront les pierres facettées sur place avec des machines rudimentaires. Certains lapidaires font preuve d’une dextérité impressionnante tant par leur rapidité d’exécution que par leur précision gestuelle.
Hors contexte industriel chaque étape du négoce de la pierre brute à la gemme taillée jouit d’un savoir-faire traditionnel, fondé sur l’expérience de leurs aînés et la transmission aux jeunes générations. Force est de constater qu’ils en veulent ! Ils se challengent mutuellement et ont à cœur de faire découvrir au monde occidental des traditions séculaires d’hospitalité et de confiance qui ne sont pas sans nous surprendre parfois…
Certes, le marchandage est de rigueur et la concurrence peut se jouer des malheureux touristes ignorants mais qu’importe ! La confiance n’excluant pas la vigilance, il conviendra tout de même de faire certifier auprès d’un laboratoire dont la probité est indiscutable les gemmes de valeur. Mention spéciale à ce titre à Mrs. P. K. Susitha, une gemmologue de re-nom et de grande qualité officiant pour le GGTL (Global Gem Testing Laboratory) ! Les femmes se faisant discrètes au grand jour, ne ratons pas l’occasion de leur rendre hommage car certaines d’entre elles occupent des postes clé notamment dans le domaine de la formation des lapidaires, un maillon clé du business.

Décidément tourné vers l’avenir, le Sri Lanka est une source d’inspiration pour tous ceux et toutes celles qui recherchent un parfum d’authenticité et la beauté des gemmes de couleur laborieusement extraites des entrailles de la terre.

Reportage signé par Christine Masseron
christine.masseron@gmail.com

Remerciements en photo :
Mrs. P. K. Susitha, une gemmologue de renom et de grande qualité officiant pour le GGTL (Global Gem Testing Laboratory)

Le lapidaire Mr Asanka Pamudith