Le Japon est un pays qui fascine avec ses traditions côtoyant l’hyper modernité.

Trois créatrices françaises ont fait l’expérience de ce pays et reviennent avec des témoignages enrichissants.

Amélie Viaene au G7 des métiers d’art au Japon

La créatrice française Amélie Viaene a été choisie pour représenter la France au G7 Crafts Women Symposium qui s’est déroulé à Tokyo en mai dernier. « Organisé en marge du G7 pour mettre en avant les métiers d’arts passant souvent par la transmission des femmes, j’ai pu assister à des tables rondes avec des visites d’ateliers d’art japonais passionnants », explique-t-elle. Les différents créateurs venus de 7 pays (France, Japon, Angleterre, USA, Canada, Italie et Allemagne) ont pu également présenter leur travail personnel dans différents domaines. «Sélectionnée par le METI (Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie du Japon), je remercie notre Ministère de l’Industrie de l’artisanat et l’INMA (Institut National des Métiers d’Art), le JETRO (l’Organisation japonaise du commerce extérieur) et à Google d’avoir initié et organisé ce sommet avec succès ! ».  Cet événement passionnant et les talents qu’elle a pu rencontrer inspireront certainement son futur travail. « J’ai notamment créé des liens avec une japonaise réalisant des peintures sur soie que j’aimerais mettre à contribution pour la création de mes écrins ». Amélie Viaene a toujours été fascinée par le Japon avec ses créations joaillières uniques comme ses bagues « Ginza » ou « Lost in Translation » et ses boucles d’oreilles « Akoya Heels ». Avec ce voyage, elle ne fait que renforcer les liens culturels entre Paris et Tokyo. Sa collection est à découvrir dans son Pop Up Store à partir du 17 novembre au 41, Galerie Vivienne à Paris. http://www.amelieviaene.com/fr/

Nathalie Tisserand : L’art de la transparence

Venue de la création graphique, sensible à la couleur et au contact avec la matière, Nathalie Tisserand a découvert le verre, lumineux et fragile à la fois. Le travail du verre demande patience et dextérité et Nathalie Tisserand en a fait une vraie discipline. Elle crée chaque perle de verre une à une ou forme de longues tiges pour les assembler au crochet et créer de merveilleux boas de verre ou des bagues presque vivantes. « Mon travail s’inspire des arts ethniques et des broderies des artisans des années folles. La matière verre devient flexible, légère, chantante, délicate, au plus près de la peau », explique-t-elle.  Ce travail minutieux a séduit Colette Gohel de la Galerie Iki, rue du Pont Louis-Philippe à Paris et qui est également acheteuse pour les boutiques japonaises HPF (avec 5 boutiques au Japon et 1 à New York). « Je sélectionne les créateurs du fait qu’ils apportent un travail très personnel, avec des matières innovantes et proposent des pièces uniques ou de petites séries uniquement. Je choisis les créateurs par rapport à mes propres goûts mais aussi par rapport à ce que mes clients de la Galerie à Paris aiment, car la clientèle japonaise représente 40% de mon activité. Chez Nathalie Tisserand, ils aiment surtout le travail délicat du verre et j’ai référencé pour les boutiques HPF du Japon ses boucles d’oreilles et des sautoirs élégants. Etonnamment, les goûts des Japonais ont évolués, ils aiment toujours ce qui est très raffiné, mais apprécient aujourd’hui aussi des pièces volumineuses  ». nathalietisserand.com

http://iki-galerie.com

Anaïs Rheiner chez Isetan à Tokyo

La jeune créatrice, installée au cœur  de Paris dans la charmante rue Cardinale dans le 6ème arrondissement, est une grande voyageuse. Au printemps dernier, elle a expérimenté le luxueux grand magasin Isetan dans le quartier de Shinjuku de Tokyo. « J’ai été sélectionnée par « Heart & Crafts », une organisation mettant en relation les maîtres d’art en organisant des événements notamment à l’étranger », explique Anaïs Rheiner. « L’expérience était particulièrement enrichissante : J’ai pu découvrir la clientèle japonaise particulièrement respectueuse et qui suit un protocole très spécifique ; par exemple vous ne verrez jamais une japonaise essayer des boucles d’oreilles ! ». Les bijoux d’Anaïs ont surtout plu pour ses thèmes floraux comme la collection « Jardin Mystérieux » ou « Orchidée Sucrée ».  « Ce qui fait particulièrement plaisir  c’est que les Japonais adorent la France et la création française qu’ils mettent sur une sorte de piédestal ! ».    http://www.anaisrheiner.com

Sujet réalisé par Kyra Brenzinger

 Légendes :

Amélie Viaene (4ème partant de la droite) représentant la France au G7 Crafts WomenSymposium qui s’est déroulé à Tokyo en mai dernier
Visite d’atelier de peinture de l’Artisane japonaise Kumiko Machida
Amélie Viaene, bague « Ginza », tourmaline sur or jaune
La Galerie Iki au 18, rue du Pont Louis-Philippe  à Paris
Nathalie Tisserand, boucles d’oreilles en verre parfaitement coordonnées au foulard du créateur Michael Cailloux à la Galerie Iki
Nathalie Tisserand, collier en verre filé et crocheté
Nathalie Tisserand, boucles d’oreilles en verre
Le luxueux grand magasin Isetan dans le quartier de Shinjuku de Tokyo
Anaïs Rheiner devant son stand au 5ème étage du grand magasin Isetan
La collection « Jardin d’Hiver » d’Anaïs Rheiner qui a remporté un grand succès au Japon