Exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs » au Grand Palais
Exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs » au Grand Palais
Exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs » au Grand Palais
Exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs » au Grand Palais
Exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs » au Grand Palais
Exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs » au Grand Palais
Exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs » au Grand Palais
Exposition « Des Grands Moghols aux Maharajahs » au Grand Palais

Après le musée V&A à Londres, l’extraordinaire collection du Sheikh Qatari Hamad bin Abdullah Al Thani prendra place dans le salon d’honneur du musée du Grand Palais, le 29 mars prochain. Plus de 279 pièces extraordinaires racontent l’histoire de la joaillerie indienne, de la période moghole à nos jours.

L’exposition réunit des pièces historiques inestimables, exceptionnellement présentées en France : diamants, gemmes de renom, joyaux spectaculaires et objets précieux mais également des œuvres et pièces inédites. « Son Altesse Sheikh Hamad bin Abdullah Al Thani fut conduit, dans la création de cette collection, par une profonde passion pour la joaillerie indienne, les modes et les styles qui en jalonnent l’histoire ». Pour cette exposition, les pièces de la collection Al Thani sont complétées par une sélection d’objets exceptionnels prêtés par multiples musées internationaux comme le V&A, Metropolitan Museum of Art ou l’Ermitage.

L’exposition s’articule autour de deux axes directeurs: le raffinement artistique de l’Inde moghole et le dialogue instauré avec l’Europe par le biais des échanges stylistiques et techniques qui unirent ces deux parties du monde dès la Renaissance.
« L’exposition mettra en lumière les grandes étapes de l’histoire de la joaillerie en Inde. Le XVIIe siècle fut un premier âge d’or, les ateliers jouissant alors du mécénat éclairé des empereurs moghols. Vinrent ensuite les temps plus sombres du chaos politique et des débuts de la colonisation au XVIIIe siècle, avant que l’âge des Darbâr, ces fastueuses cérémonies organisées sous l’égide du Raj britannique, n’offre à nouveau aux monarques indiens l’occasion de révéler au monde leurs somptueuses parures ».

La bijouterie indienne sera également replacée dans son contexte d’origine, l’opulente et complexe culture des cours princières indiennes, au sein desquelles pierres et métaux précieux qui abondaient dans le sous-continent favorisèrent le développement d’une tradition très sophistiquée de l’ornement et de la parure. La joaillerie indienne se distingue par l’emploi d’émaux polychromes d’un grand raffinement et par une technique très particulière de sertissage des pierres à l’or, le kundan, qui permet d’éviter le recours aux griffes et autres montures dont use la bijouterie occidentale.

Pénétrant dès l’abord dans les secrets du Trésor Royal, le visiteur verra défiler sous ses yeux un exceptionnel ensemble de gemmes directement liées à la dynastie impériale : les diamants d’Agra, l’œil de l’Idole et l’Arcot II, tous issus des légendaires mines de Golconde. Émeraudes et spinelles, parfois gravés du nom et des titres du souverain qui les eut autrefois en sa possession, leur seront associés.

Le jade et le cristal de roche étaient également fort prisés à la cour des empereurs moghols et la deuxième section de l’exposition leur sera consacrée. Y seront présentées certaines pièces d’intérêt majeur. La coupe de l’empereur
Jahangir, gravée de quelques vers persans qu’accompagnent les titres du monarque, est actuellement considérée comme le plus ancien jade moghol daté. La dague de Shah Jahan porte quant à elle, incisé sur la lame, le titre de l’empereur. Les jades indiens étaient particulièrement appréciés en Chine, comme en témoigne le poème que fit graver l’empereur Qianlong sur une délicate coupe à opium ornée d’une tête d’ibex.

La quatrième section, consacrée aux regalia et à la parure, comportera un spectaculaire ensemble d’ornements de turban datés du XVIIe au XXe siècle. Centrée sur le goût raffiné des cours princières à l’époque du Raj britannique, cette présentation inclura également de somptueux colliers de diamants ainsi que quelques pièces de joaillerie de qualité exceptionnelle, comme l’épée d’apparat du Nizam de Hyderabad et le Dais de Perles de Baroda.

Les liens avec l’Europe entreront en scène à cette étape du parcours, avec une somptueuse sélection de bijoux conçus par les plus grands joaillers européens pour les cours princières de l’Inde ou sous inspiration indienne. On verra dans cette section la magnifique aigrette émaillée en forme de paon créée par Mellerio, dits Meller, et achetée par le Maharajah Jagatjit Singh de Kapurthala. Le Maharajah Bhupinder de Patiala était un patron particulièrement important, et parmi ses multiples acquisitions présentées dans cette exposition se trouvent un collier de diamants cérémonial spectaculaire réalisé pour lui-même, ainsi qu’un ras-de-cou en rubis créé pour l’une de ses femmes.

Egalement exposées sont deux des créations les plus spectaculaires de Cartier pour le Maharajah Digvijaysinhji, fils du Maharajah Ranjitsinhji de Nawanagar qui était lui-même fin connaisseur de pierres précieuses et entretenait d’étroites relations avec Jacques Cartier: l’« Œil du Tigre », exceptionnel diamant de couleur cognac, monté en ornement de turban et un superbe collier
Art Déco réalisé avec des rubis appartenant au trésor royal.

L’exposition se terminera sur un hommage à la création contemporaine, avec des bijoux de joaillers indiens et européens dont l’inspiration se nourrit de la tradition indienne. Basé à Mumbai, Viren Bhagat combine ainsi les techniques et les matériaux actuels aux formes et aux décors ancestraux. Des œuvres issues de ses ateliers côtoieront des créations de Cartier et de JAR intégrant des gemmes anciennes, chargées d’histoire.

Une exposition unique qui retrace 5 siècles d’histoire indienne, marquée par une richesse culturelle unique au monde et qui a su influencer les joailliers européens dans leurs techniques et leurs créations.

Exposition Des Grands Moghols aux Maharajahs
Joyaux de la collection Al Thani

Grand Palais
Salon d’Honneur
Du 29 mars au 5 juin 2017

Légendes :

Ornement de turban L’œil du Tigre Cartier Londres, 1937 – Diamant Oeil du Tigre de 61,50 carats et diamants sur platine
Mellerio dits Meller, Aigrette Paon, 15,5 x 6 cm, Al Thani Collection © The Al Thani Collection 2015. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming
Diamant l’Arcot II provenant des mines légendaires de Golconde en Inde, vers 1760 ; retaillé en 1959 et 2011 – poids : 17,21 ct – Grade D, pureté interne parfaite
Diamant l’Agra provenant des mines légendaires de Golconde en Inde, antérieur à 1526 ; retaillé dans les années 1880 et 1990 – poids : 28,15 ct – Rose intense, VVS1
Ornement de turban – Inde du Nord, 1875-1900 ; 1639-1640 (deux spinelles) – Or, diamants, rubis, spinelles
Aigrette de Paul Iribe et réalisation Robert Linzeler, Paris, 1910 – Emeraude d’Inde de 1850-1900, platine, saphirs, diamants, perles
Collier de rubis de Nawanagar – Cartier, 1937 – Platine, rubis, diamants
Pendentif buste – Inde, vers 1575-1625 – Or, perle, rubis, diamants, émeraudes, saphirs, verre, émaux colorés, laque