Le Grand Musée du Parfum, au cœur de la création olfactive
Le Grand Musée du Parfum, au cœur de la création olfactive
Le Grand Musée du Parfum, au cœur de la création olfactive
Le Grand Musée du Parfum, au cœur de la création olfactive
Le Grand Musée du Parfum, au cœur de la création olfactive
Le Grand Musée du Parfum, au cœur de la création olfactive
Le Grand Musée du Parfum, au cœur de la création olfactive
Le Grand Musée du Parfum, au cœur de la création olfactive
Le Grand Musée du Parfum, au cœur de la création olfactive
Le Grand Musée du Parfum, au cœur de la création olfactive

Etonnemment Paris, ville de la mode et de la création, n’avait jusqu’à ce jour pas de musée du parfum indépendant. C’est chose faite avec le lancement au mois de décembre dernier d’un projet particulièrement ambitieux et innovant plongeant les visiteurs dans une immersion sensorielle inédite.

A la tête de ce projet, Guillaume de Maussion a choisi comme lieu un magnifique hôtel particulier, au 73 rue du Faubourg Saint-Honoré, l’ancien siège de la maison de couture Christian Lacroix comme pont symbolique entre la mode et le parfum. La scénographie, réalisée par la société Projectiles, qui avait déjà collaboré avec le musée du Quai Branly à Paris (le musée des civilisations), propose un parcours particulièrement interactif invitant à découvrir une collection olfactive unique constituée de plus de 60 odeurs à sentir tout au long de la visite. La présentation s’appuie sur les dernières technologies (mapping vidéo, dispositifs olfactifs…) et retrace en trois grandes étapes l’histoire des parfums depuis l’Egypte des pharaons jusqu’à nos jours. Il s’agit d’un parcours olfactif qui plonge le visiteur dans le cerveau du parfumeur à la recherche de la genèse d’un parfum. L’hôtel particulier renferme aussi un extraordinaire terrain de 1200 m2 qui sera transformé en 2017 en jardin botanique avec un labyrinthe olfactif et des serres chaudes permettant de cultiver des plantes rares qui sont utilisées dans la  parfumerie.

Pour la réalisation du Grand Musée du Parfum, Guillaume de Maussion, qui vient du secteur des nouvelles technologies, s’est entouré de Sandra Armstrong, directrice générale du Grand Musée du Parfum, qui bénéficie de 15 années d’expérience professionnelle au sein des plus prestigieuses maisons de parfum françaises et qui nous a répondu à une interview exclusive.

– Comment avez-vous réussi à bâtir ce projet ?

Sandra Armstrong : Avec la volonté de Guillaume de Maussion, nous avons réussi  en 2 ans à mobiliser les acteurs majeurs de la parfumerie  et même des autorités publiques de la ville de Paris et de l’Ile-de-France. Pour les contenus artistiques et culturels, nous nous sommes entourés d’un conseil scientifique et culturel de 15 experts, constitué de grands nez, de marques incontournables, d’historiens ou même de neurobiologistes !

– Comment définiriez-vous ce musée ?

Sandra Armstrong : C’est un musée nouvelle génération qui souhaite élever le parfum au rang d’art. Pour créer un parcours sensoriel, nous avons fait appel à de nombreux artistes pour proposer une vision inédite du parfum. Par exemple, la collection des matières premières, réalisée en collaboration avec IFF (International Flavors & Frangrances), a été mise en scène par les artistes anglais Harvey & John avec 25 gouttes suspendues. Pendant que les visiteurs sentiront ces sphères  à l’aveugle, ils pourront écouter en même temps l’histoire du parfum qu’ils découvrent. Nous avons également une réalisation de l’artiste anglais Jason Bruges qui propose un orgue à parfums en mouvement, sonore et lumineux.  C’est une démarche polysensorielle très ludique pour toucher le grand public avec une vision différente du parfum.

– Pouvez-vous nous présenter le parcours du musée ?

Sandra Armstrong : Au cours d’un véritable parcours initiatique, le parfum sera abordé en 3 étapes distinctes : Les Histoires de parfums de l’Antiquité jusqu’à l’avènement de la parfumerie contemporaine ; Une Immersion sensorielle permettant au visiteur de prendre conscience de l’importance du parfum dans le quotidien et de son pouvoir émotionnel et pour finir, L’Art du Parfumeur, entièrement consacré aux étapes de création et à la démarche du parfumeur.

Pour la partie « L’Art du Parfumeur », le grand nez, Jean-Claude Ellena, compositeur de parfums et conseiller Hermès Parfums vivant à Grasse dans le sud de la France, a répondu à quelques questions.

– Quelle a été votre contribution personnelle au Grand Musée du Parfum ?

Jean-Claude Ellena: J’ai été surtout sollicité pour le parcours sur « L’Art du Parfumeur » qui est au dernier étage du musée. Cette étape permet au visiteur de se mettre à la place du parfumeur avec la bibliothèque d’odeurs qu’on ne cesse d’enrichir tout au long de notre vie. Mais aussi le « lab » du parfumeur qui a vocation à exprimer le passage de la création à la réalisation.

– C’est un projet très différent du musée du parfum de Grasse ?

Jean-Claude Ellena: Il se trouve que je suis le président du Musée International de la Parfumerie de Grasse (MIP) et je dirige une association permettant de faire venir des mécènes pour ce musée. J’ai donc une grande expérience sur l’organisation et le fonctionnement des musées. Le musée de Grasse a mis plus l’accent sur la partie historique des parfums, tandis que Paris présente un regard plus contemporain sur le parfum. Je souhaite qu’il existe une synergie entre ces deux musées avec des prêts d’objets ou pourquoi pas des expositions itinérantes.

– C’est un projet qui vous tiens particulièrement à cœur  ?

Jean-Claude Ellena: Je me suis investi dans ce projet bénévolement pour défendre un métier qui est ma vie et je peux donner un peu de ma vie pour ce métier ! C’est un projet très ambitieux et je suis très impatient de voir son fonctionnement. On verra au quotidien car il risque d’y avoir des adaptations à faire comme j’ai pu l’expérimenter à Grasse. C’est un peu comme dans la Haute Couture, on fait des changements de dernière minute qui sont essentiels à l’œuvre  finale !

Pour découvrir la partie historique du musée, quoi de mieux de rencontrer, Elisabeth de Feydeau, historienne et écrivaine du parfum et fondatrice d’Arty Fragrance.

– Qu’est-ce qui vous a séduit dans la création de ce musée ?

Elisabeth de Feydeau: C’est un projet très différent des 3 musées de Fragonard de Paris qui sont liés à une seule marque. Le Grand Musée du Parfum a  mobilisé la profession dans son ensemble et souhaite montrer une vision très parisienne du parfum, liée à l’élégance, à la mode et à la séduction.

– Comment l’approche historique est-elle présentée dans le musée ?

Elisabeth de Feydeau: La partie historique est au sous-sol du musée et nous avons choisi de créer des mises en scène en présentant un temple antique « le parfum sacré » pour parler de la naissance du parfum à l’époque égyptienne et gréco-romaine. Pour aborder la période du Moyen Âge jusqu’au 19e siècle, nous présentons un cabinet de curiosités. Et pour terminer nous avons abordé l’essor de la parfumerie moderne du 19ème  au 20ème siècle. En complément, nous avons créé la « Galerie des séducteurs » racontant avec 8 tableaux différents, le parfum à travers des personnages historiques comme Cléopâtre et Marc Antoine, la reine de Saba et le roi Salomon, Marie-Antoinette et Casanova ou encore Serge de Diaghilev qui pour les Ballets russes faisait parfumer les rideaux des théâtres.

– C’est un peu la petite histoire racontée par la grande histoire  ?

Elisabeth de Feydeau: Tout à fait, en tant consultante pour des émissions de télévision sur l’histoire (Secret d’histoire de Stéphane Bern et Sous les Jupons de l’histoire de Christine Bravo), j’aime aborder les grands personnages historiques par ces anecdotes. On peut ainsi apprendre que Louis XIV, grand collectionneur de parfum, faisait parfumer les fontaines du château de Versailles de fleurs d’oranger ou encore que Napoléon 1er buvait de l’eau de Cologne. Une merveilleuse façon  de raconter l’histoire aux visiteurs français et internationaux sur le rôle du parfum à travers notre histoire !

Pour en savoir plus :

http://www.musee-du-parfum.fr/

Dossier réalisé par Kyra Brenzinger

Légendes :

Façade du musée du parfum, un hôtel particulier situé au 73 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 8ème
La collection des matières premières © Harvey & John
Sculptures géantes « Le jardin des senteurs » avec une scénographie imaginée par l’agence Projectiles
Boutique présentant les multiples marques de parfum et proposant un conseil personnalisé pour orienter l’acheteur
Atelier de la « Chimie des odeurs » – Agence Projectiles
Sculpture du Costume du gantier parfumeur, reproduction d’une sculpture du XVIIe  siècle
Orgue à parfum avec mise en scène en son et lumière
Sandra Armstrong, directrice générale du Grand Musée du Parfum – Photo de Gwënaelle Dautricourt
Jean-Claude Ellena, compositeur de parfums et conseiller Hermès Parfums – Photo de Richard Dumas
Elisabeth de Feydeau, historienne et écrivaine du parfum et fondatrice d’Arty Fragrance – photo de Mohamed Khalil