Créée en 2012, par Frédérique Hagège Ubaldi, l’Académie des Métiers d’Art est un nouvel établissement de formation dans le secteur de la joaillerie, mais qui souhaite s’ouvrir vers de nombreux autres domaines.

Une stratégie de développement que Frédérique Hagège Ubaldi nous dévoile dans une interview exclusive.

– Pouvez-vous nous retracer votre parcours professionnel ?

Frédérique Hagège Ubaldi : J’ai débuté ma carrière en tant que consultante en Communication pour l’agence I&E, puis en tant que Directrice de la Communication de la société de Capital Risque EuroDel. De 2006 à 2010, j’ai été responsable des activités de Corporate Citizenship de la société de conseil Accenture pour la France et le Benelux. A la tête de la Fondation Accenture, j’ai mis en place le dispositif de mécénat de compétence, permettant de délivrer chaque année plus de 3000 jours homme en mécénat de compétence auprès de nombreuses associations en France et à l’étranger.

– C’est cette expérience dans le mécénat qui vous a amené à créer l’Académie ?

Frédérique Hagège Ubaldi : En effet, j’étais en contact avec de nombreuses entreprises qui m’expliquaient qu’elles avaient un vrai problème de transfert de compétence et de savoir-faire.  Des marques comme Chanel, Cartier et Swarovski m’ont sollicité et face à leurs demandes, j’ai créé l’Académie des Métiers d’Art en 2012.

– Votre offre est plus étendue qu’au simple domaine de la joaillerie ?

Frédérique Hagège Ubaldi : Mon objectif est de créer un vrai campus des métiers d’art et d’ouvrir des ponts entre les différents secteurs comme la mode ou divers domaines du luxe (lunettes, parfums). Nous proposons une vision plus large du métier de la joaillerie avec des enseignants comme Jean Flahaut, styliste, ou avec Anne-Carine Jacoby sur le droit et la propriété intellectuelle. En janvier 2017, nous venons de créer le « Lab », animé par Sonia Ohanian, qui accompagne les jeunes talents à la création de leur entreprise.

– Comment avez-vous recruté votre équipe ?

Frédérique Hagège Ubaldi : Mon bras droit, Johnny Walter, directeur de l’académie, a été responsable de développement de plusieurs écoles prestigieuses et maîtrise parfaitement les contacts avec les institutions pour les possibilités de financement des formations. Pour les enseignants, j’ai souhaité avoir des professionnels qui sont eux-mêmes en activité et connaissent personnellement les différents rouages du métier. Nous avons des pointures dans chaque domaine comme Frédéric Mane dans le domaine du dessin et de la création, Max Mazlo pour la CAO et DAO ou encore Isabelle Souppe dans la fabrication de la joaillerie. En tout, nous avons une trentaine de professionnels-enseignants particulièrement impliqués dans la transmission de leur savoir !

– Quel est le public  visé par vos différentes formations ?

Frédérique Hagège Ubaldi : Pour les plus jeunes (niveau bac exigé), nous proposons un CAP en art et techniques de la bijouterie avec 9 mois de formation. Pour ceux qui ont déjà un diplôme MANAA (mise à niveau en arts appliqués) ou équivalent, nous proposons une formation « Styliste bijouterie, accessoires et mode ». Ensuite, viennent ceux qui ont des projets de création d’entreprise avec le Lab ou le module « Création d’entreprise ». Nous avons également des formations spécifiques pour les marques ou aussi un module global en tant que « conseiller vendeur spécialisé dans le luxe ».

– Et quand est-il de la diversité sociale, votre cheval de bataille depuis des années ?

Frédérique Hagège Ubaldi : Il est vrai que c’est une thématique qui me tient particulièrement à cœur ! Il était important qu’au sein de mon établissement les jeunes gens issus de milieux défavorisés puissent accéder à nos formations. Depuis 2013, nous avons ainsi créé avec la grande école de commerce ESSEC un partenariat pour créer un Fond de Dotation pour ces jeunes.

– Avez-vous des projets à l’international  ?

Frédérique Hagège Ubaldi : En effet, nous regardons aussi bien du côté du Canada que de la Chine… J’espère vous annoncer de nouveaux projets en 2017 !

 

Interview réalisée par Kyra Brenzinger