La maison Dior célèbre ses 70 ans au Musée des Arts Décoratifs de Paris
La maison Dior célèbre ses 70 ans au Musée des Arts Décoratifs de Paris
La maison Dior célèbre ses 70 ans au Musée des Arts Décoratifs de Paris
La maison Dior célèbre ses 70 ans au Musée des Arts Décoratifs de Paris
La maison Dior célèbre ses 70 ans au Musée des Arts Décoratifs de Paris
La maison Dior célèbre ses 70 ans au Musée des Arts Décoratifs de Paris
La maison Dior célèbre ses 70 ans au Musée des Arts Décoratifs de Paris

Pour la première fois dans son histoire, la maison Dior a réalisé une rétrospective célébrant les différents couturiers qui ont collaboré et construit sa renommée pendant 70 ans.

Baptisée « Christian Dior, Couturier du rêve », l’exposition historique met en scène plus de 300 robes sur 3000 m2 au cœur de la capitale parisienne dans le célèbre Musée des Arts Décoratifs.

La précédente rétrospective parisienne consacrée à Christian Dior s’était tenue en 1987 déjà dans ce musée mais uniquement centrée sur les dix années de création du couturier-fondateur, de 1947 à 1957. Tandis que  cette nouvelle rétrospective montre comment Christian Dior et les six directeurs artistiques qui lui ont succédé ont conçu et construit le rayonnement d’un nom aujourd’hui synonyme de haute couture en France et dans le monde entier.

Christian Dior de 1947 à 1957 du New Look à la conquête de l’Amérique L’exposition s’ouvre sur un rappel de la vie de Christian Dior né en 1905,de  son enfance à Granville en Normandie en France, en passant par ses « années folles » de découverte de l’avant-garde de l’art et des spectacles parisiens, pour finir son apprentissage du dessin de mode avec son entrée dans la haute couture. Personnage-clé de la mode du xxe siècle depuis sa collection « New Look » du printemps-été 1947, Christian Dior a profondément modifié l’image de la femme, renvoyant au passé la silhouette masculine des années de guerre. Ses robes expriment une féminité moderne, celle de sa femme- fleur, dessinant un corps aux courbes sinueuses avec la taille marquée et les hanches magnifiées par l’envolée des jupes corolles.

Avant de se diriger vers la mode, Christian Dior a été directeur de galerie de tableaux et on découvre que ses robes sont empreintes de références à la peinture, à la sculpture, mais aussi à tout ce qui compose l’art de vivre : papiers peints, étoffes, porcelaines ou chinoiseries et la fascination pour le thème floral.

Au sein de l’exposition, ces thèmes sont mis en scène évoquant successivement une galerie d’art, un atelier, un boudoir ou encore un jardin merveilleux.

La visite se poursuit dans la nef par un parcours chronologique de 1947 à 2017 montrant l’élan fondateur et l’héritage de l’esprit Dior à travers les décennies. La silhouette du tailleur Bar caractéristique du « New Look », inaugure cette traversée du temps. C’est avec cette collection que Christian Dior part à la conquête des Etats-Unis apportant une vision moderne de la femme et inventant une mode internationale tout en réaffirmant le rôle séculaire de Paris comme capitale de la mode.

Les 6 directeurs artistiques qui ont enrichi l’histoire de la maison

Au sein de l’exposition, six galeries sont dédiées aux 6 créateurs qui ont pris la succession après Christian Dior. Lors du décès soudain du fondateur par crise cardiaque en 1957, son jeune assistant Yves Saint Laurent est choisi alors qu’il n’avait que 21 ans mais déjà un talent exceptionnel. Notamment sa robe « Bonne Conduite » en forme triangulaire, caractéristique de la collection trapèze de 1958, devient un modèle phare en libérant le corps de la femme et annonçant déjà  le style des années 60.

En 1960, Marc Bohan, responsable de la marque à Londres et à New York, reprend le flambeau de la direction artistique. Sa première collection « Slim Look » s’inspire de la femme contemporaine et d’icônes comme Jackie Kennedy. Directeur artistique de 1960 à 1989, Marc Bohan veillera au respect scrupuleux des traditions d’élégance du maître Christian Dior notamment avec ses robes inspirées de l’art et de l’architecture aux épaules et tailles affirmées des années 80. Mais à ce moment il dut abandonner son travail pour son service militaire.

Pour la première fois en 1989, la direction artistique est donnée à un couturier italien : Gianfranco Ferré. Il s’inscrit dans le prolongement du style signature de la maison avec notamment ses grandes jupes Corolles aux fleurs multicolores et ses jupons de tulles. Il y ajoute son style baroque italien tout en faisant travailler les ateliers de broderie ou plumassiers qui caractérisent le travail de la Haute Couture.

Choisi par Gianfranco en 1996, John Galliano aussi baptisé « l’enfant terrible de la mode anglaise », rend pourtant les défilés Dior incontournables les transformant en véritables spectacles. Sa première collection Masai fait de l’accessoire une composante fondamentale. Tout en vouant un véritable culte au maître il réinterprète sa palette de couleurs, les illustrations ou encore les fleurs créant un « mix and match » unique. Après quelques saisons marquées par la tendance porno chic, un défilé « Clochards » et sa vie dissolue qui a fit scandale, il est remercié en 2011 même si le chiffre d’affaires a été multiplié par quatre.

Après cet épisode mouvementé, il n’était pas simple pour Raf Simons de prendre la relève en 2012. Le créateur Belge joue la rupture avec le minimalisme. Il retourne sur les fondamentaux de sa passion commune avec Christian Dior pour l’architecture en réinterprétant la silhouette New Look. Ses robes bustiers sculpturales rendent aussi hommage au thème fétiche des fleurs par une touche artistique inspirée du pointillisme.

Annonçant lui-même son départ en 2015, Raf Simons est remplacé pour la première fois par une femme : Maria Grazia Chiuri. La nouvelle directrice de création italienne apporte sa vision engagée de la féminité en réinterprétant le tailleur « Bar » avec des matières en organdi fluide pour apporter romantisme et style à la nouvelle collection Haute Couture de la maison Dior.

Un final en apothéose

Le parcours de l’exposition s’achève dans le cadre somptueux de la grande nef, décorée telle une salle de bal pour une présentation des robes du soir les plus fastueuses.

Pour cet ambitieux projet, l’essentiel des œuvres présentées sont issues du fonds Dior Héritage, pour la plupart jamais vues à Paris, auxquelles s’ajoutent les prêts exceptionnels provenant des collections du musée des Arts décoratifs, de l’union française des Arts du costume, du Palais Galliera, du Costume Institute au Metropolitan Museum of Art de New York, du Victoria and Albert museum de Londres, du De Young museum de San Francisco, de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, du museum of London, du musée Christian Dior de Granville, ainsi que des œuvres d’art prestigieuses venant aussi de nombreuses collections particulières.

Certaines robes ont été portées par des clientes célèbres qui ont contribué au rayonnement de la maison Christian Dior, de la princesse Grace de Monaco, de Lady Diana ou encore de Charlize Theron.

Avec une scénographie  exceptionnelle, réalisée par Nathalie Crinière, des mises en lumière se succèdent évoquant la galerie des glaces de Versailles ou faisant apparaitre les croquis originaux de Monsieur Dior.

D’ailleurs, en guise de tableau final, une pluie d’or tombe sur les visiteurs rappelant la célèbre publicité pour le parfum « J’adore ».

Nous aussi, on peut le revendiquer haut et fort : nous adorons cette exposition !

 

Dossier réalisé par Kyra Brenzinger

Christian Dior, Couturier du rêve
Du 5 juillet 2017 au 7 janvier 2018

www.lesartsdecoratifs.fr

Légendes :

Exposition « Christian Dior, Couturier du rêve » au Musée des Arts décoratifs de Paris et  scénographie réalisée par Nathalie Crinière – crédit photo : Adrien Dirand