Personnalité du métier : le parcours de Jean-Jacques Richard
Personnalité du métier : le parcours de Jean-Jacques Richard
Personnalité du métier : le parcours de Jean-Jacques Richard
Personnalité du métier : le parcours de Jean-Jacques Richard
Personnalité du métier : le parcours de Jean-Jacques Richard
Personnalité du métier : le parcours de Jean-Jacques Richard
Personnalité du métier : le parcours de Jean-Jacques Richard
Personnalité du métier : le parcours de Jean-Jacques Richard
Personnalité du métier : le parcours de Jean-Jacques Richard
Personnalité du métier : le parcours de Jean-Jacques Richard

Nous inaugurons une nouvelle rubrique  sur des personnalités qui ont compté dans le métier de la bijouterie et c’est avec Jean-Jacques Richard que nous commençons.

Aujourd’hui à la « retraite », il est toujours très actif et apporte à travers son blog personnel un nouveau regard sur la joaillerie grâce à une recherche historique particulièrement documentée. Du métier de bijoutier au métier d’expert judiciaire en passant par ses fonctions auprès des fédérations, nous sommes allés à la rencontre d’un personnage éclectique et prolifique !

Pouvez-vous nous retracer le début de votre parcours ?

Jean-Jacques Richard : Mes parents étaient bijoutiers et malgré les réticences de mon père qui ne voulait pas que je fasse ce métier, je suis rentré à l’école de la rue du Louvre à Paris avec d’excellents professeurs. Parallèlement, je travaillais le soir rue de Provence pour apprendre la gemmologie et le service dépendait de la répression des fraudes, nous naviguions au milieu des saisies judiciaires avec des exemples très concrets !  Ensuite, j’ai été apprenti auprès de l’atelier Candas, rue Richelieu où je suis resté finalement plus de 4 ans apprenant auprès des ouvriers qui étaient en fait de grands joailliers travaillant à cette époque uniquement sur platine. En 1965, je suis rentré chez mes parents à Rouen et en 1974 après le décès brutal de mon père, j’ai ouvert une première boutique au centre de Rouen près de la Cathédrale.

En tant que bijoutier à Rouen, quelles ont été les réalisations les plus incroyables que vous avez dû faire ?

Jean-Jacques Richard : Dans ma boutique, J’aimais tout particulièrement réaliser des bijoux de commande comme un bracelet Clôture en fils barbelés en or qui était très novateur pour l’époque.

Un client parisien me faisait faire des breloques sur un beau bracelet pour sa femme avec notamment des coquillages qu’il avait ramassé sur la plage. Et un grand architecte voulait que je réalise une broche avec la réplique exacte de son piano à queue pour l’offrir à sa fille. Pour un cadeau d’entreprise, j’ai également créé un club de golf miniature sur une « pelouse » en malachite et une boîte en bois de sycomore réalisée par une amie ébéniste. Toutes les commandes étaient passionnantes avec des challenges très divers !

Vous avez été ensuite expert judiciaire. Pouvez-vous nous en parler ?

Jean-Jacques Richard : C’était un travail très usant avec des conflits d’intérêt et des enjeux politiques très compliqués… Je voulais faire bouger les lignes notamment avec une affaire que j’avais mis en lumière contre des ventes de commissaires priseurs qui étaient de mèche avec des bijoutiers et des fabricants qui fabriquaient des bijoux à l’ancienne pour vendre en salle frauduleusement. Grâce au courage d’un jeune fonctionnaire de la répression des fraudes, il a mis tout  en action, avec le fisc, la douane et la brigade financière. J’étais en charge de l’expertise de tous les bijoux et après cette affaire, j’ai été admis sur la liste officielle des experts en gemmologie et joaillerie.

Vous avez été aussi  le fondateur de la commission création de la TPHBJO. Comment a-t-elle été créée ?

Jean-Jacques Richard : Cela n’est pas venu comme cela, nous devons beaucoup à Gérard Atlan qui était à l’époque président de la Chambre Syndicale des Horlogers-bijoutiers-orfèvres (HBJO).

J’étais président de FNAMAC et il nous avait réuni pour étudier notre branche professionnelle sur l’avenir du métier. L’étude marketing une fois réalisée, nous voulions faire de la communication et pour avoir des moyens, nous nous sommes ralliés à la TPH horlogère pour devenir la TPHBJO (aujourd’hui le Comité Francéclat). Les hauts fonctionnaires du ministère des finances nous ont questionné sur le but de cette taxe et j’ai personnellement suggéré qu’elle serve à aider la création. Vous pouvez voir le premier catalogue des stylistes comme on les appelait à l’époque sur mon blog : https://richardjeanjacques.blogspot.fr/2015/06/bijoux-de-createurs-des-annees-1995.html

Quel métier avez-vous préféré exercer ?

Jean-Jacques Richard : J’ai adoré le métier de bijoutier avec la satisfaction de  réussir des ventes comme un grand joaillier certaines fois ! Mais j’ai aussi adoré former des jeunes (12 amenés aux CAP et la plupart au brevet professionnel et la moitié au BP de gemmologie. Encore aujourd’hui, je suis en contact avec certains qui m’envoient des expertises à faire pour eux ou me demandent des tuyaux !

Vous vous êtes ensuite lancé dans la création d’un blog depuis 10 ans. Quel était l’objectif ?

Jean-Jacques Richard : Le blog Bijoux et pierres précieuses est le premier du genre (enfin je crois).  Aujourd’hui, il y a des blogs mais ils ne vont pas autant au fond des choses. J’essaye de dévoiler l histoire de la joaillerie qui a été oubliée ou cachée avec des auteurs de story telling qui modifient les histoires… J’ai notamment écrit « L’histoire des Van Cleef et des Arpels » avec des preuves irréfutables.

Vous avez également édité un livre sur Renée Rachel van Cleef…

Jean-Jacques Richard : En effet, J’ai découvert son existence et Jacques Arpels avait rayé son importance dans la maison et laissé peu de choses à Alfred Van Cleef. Sans elle, la maison aurait été vendue pendant la 2nd guerre mondiale. Elle a devancé les allemands et organisé l’aryanisation de la maison en vendant l’affaire à son assureur pour éviter que les Allemands prennent la marque.  Pour réaliser ce livre, j’ai travaillé sur 596 pages de microfilm du dossier de l’aryanisation. Jacques Arpels a inventé une histoire qui l’arrangeait, et cela m a tellement scandalisé que j’ai fait ce deuxième livre car l’histoire de Renée Rachel prend aux tripes ! La mort de Renée est mystérieuse, tout ou presque à disparu et dans mon blog, j’explique un peu pourquoi.

Que souhaiteriez-vous réaliser à l’avenir ?

Jean-Jacques Richard : J’aurais aimé que la plupart de mes dossiers soient édités en un livre sur la BJO. En attendant, je publie moi-même chez BoD, imprimé en Allemagne mais vendu dans tous les circuits Sodis, amazon, abe book, price minister, etc.  Si cela intéresse un éditeur, il peut me contacter : richard.jeanjacques@gmail.com

Interview recueillie par Kyra Brenzinger

Légendes :

1) Le  magasin et atelier de Jean-Jacques Richard à Rouen près de la Cathédrale
2) article du journal « Paris Normandie « à l occasion de son élection a la présidence de la FNAMAC
3) Couverture de son livre Renée Rachel Van Cleef, l’oubliée de la Place Vendôme
4) Bracelet Clôture réalisé pour un client en or
5) Bague or jaune Tourmaline Briolette saphirs et diamants
6) Grande broche avec sciages d’aiguille de tourmaline, or jaune, émeraudes, rubis, diamants.
7) Dessin proposé à une grande société internationale pour le cadeau de départ en retraite de son PDG
8) Réalisation de la pièce unique Balle de Golf ouvrante, montre à l intérieur, en or gris, club de golf « wood » en bois précieux plaque en cornaline , le tout sur une plaque de Malachite, l’écrin en sycomore  et ébène (fab Elisabeth Beaupère)
9) Photo de Jean Jacques Richard à son départ en retraite en 2007
10) Premier catalogue du répertoire des stylistes français , commission création, crée et présidée par JJ. Richard