Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous
Un autre regard sur le bijou : l’exposition Medusa, bijoux et tabous

Pour la première fois au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, une exposition ambitieuse sur le bijou a été réalisée pour apporter un regard artistique sur le bijou. Le guide-joailliers, qui a toujours voulu démontrer l’extraordinaire potentiel artistique d’un bijou, ne peut que saluer cette exposition unique en son genre !

Lors de la conférence de presse, nous avons suivi Michèle Heuzé, conseillère scientifique de l’exposition qui nous a éclairé sur les choix thématiques du parcours de l’exposition « Medusa, bijoux et tabous ».

Pourquoi avoir choisi l’affiche avec la bouche de Salvador Dali ?

Michèle Heuzé : L’affiche présentant la reproduction de Henryk Kaston d’une broche « Ruby Lips » en forme de bouche, réalisée par Dali est pertinente car c’est un bijou d’artiste particulièrement reconnu et le bijou est à la fois attirant et repoussant reflétant parfaitement le sous-titre de l’exposition « bijoux et tabous ».

Pourquoi ce parallèle du bijou et des tabous ?

Michèle Heuzé : Tout comme le visage de Méduse dans la mythologie grecque, le bijou attire et trouble celui qui le conçoit, le regarde ou le porte. Objet au statut ambigu, à mi-chemin entre parure et sculpture, il reste l’une des formes d’expression artistique les plus anciennes et universelles bien qu’il ne soit pas nécessairement considéré comme une œuvre d’art. Il est en effet souvent perçu comme trop près du corps, trop féminin, précieux, ornemental, ou primitif.

Quel est le premier bijou d’artiste selon vous ?

Michèle Heuzé : C’est selon moi René Lalique et tout particulièrement le collier « Noisettes » de 1899-1900 que je présente à la fin de l’exposition comme choix personnel. Au milieu du noisetier, il y a des parties en verre bleu qui symbolisent la nuit bleue que René Lalique aimait contempler dans la campagne. Il nous livre donc à travers cette pièce son interprétation personnelle et nous guide par le chemin des sens !

Qu’est-ce que le bijou d’artiste apporte-t-il ?

Michèle Heuzé : J’ai une formation classique et j’ai découvert les bijoux d’artistes depuis 20 ans. Ils m’on permis de tout remettre en question avec une lecture transversale très différente. Par exemple, le bijou conceptuel comme celui de Frédéric Braham apporte une vraie réflexion sur le paraître. Sa performance « Inner Beauty » est une solution buvable, composée d’or, d’argent et de cuivre. En parant l’intérieur, le bijou est en vous.  Au sein de l’exposition, nous proposons une quinzaine d’installations d’artistes contemporains (Mike Kelley, Leonor Antunes, Jean-Marie Appriou, Lucy McKenzie, Liz Craft…) qui rythme le parcours en écho avec les sections de l’exposition. Les œuvres présentées questionnent les problématiques du décor, et de l’ornement et ancrent notre relation au bijou dans un rapport élargi au corps et au monde.

Vous apportez à travers cette exposition une réponse au véritable sens du bijou.

Michèle Heuzé : En effet, c’est aussi l’intérêt de cette exposition. Certains pensent que le bijou ne sert à rien, mais on découvre qu’il a un sens. L’histoire du bijou est liée à un positionnement social et d’ailleurs dans les tribus primitives, c’était l’homme qui portait des bijoux. Avec l’évolution, le bijou est devenu élitiste avec les matériaux nobles et il est passé au fur et à mesure d’un bijou pour homme à un bijou féminin. Cette exposition apporte un autre éclairage sur leurs différentes fonctions avec les grands thèmes « Identités et subversions », « valeurs et contre-valeurs », « corps et sculptures » et « rites et fonctions ».

Pouvez-vous nous parler de la diversité des bijoux exposés ?

Michèle Heuzé : L’exposition réunit plus de 400 bijoux : réalisés par des artistes (Anni Albers, Man Ray, Meret Oppenheim, Alexander Calder,  Louise Bourgeois, Lucio Fontana, …), des bijoutiers d’avant-garde et de designers (René Lalique, Suzanne Belperron, Line Vautrin…), mais aussi des bijoutiers contemporains (Gijs Bakker, Otto Künzli, Karl Fristch…) ou encore des joailliers (Cartier, Victoire de Castellane, Van Cleef & Arpels, Buccellati…), ainsi que des pièces anonymes, plus anciennes ou non-occidentales (de la Préhistoire, du Moyen-Age, des bijoux amérindiens, du punk et du rap au bijou fantaisie…). Il y en a pour tous les goûts et les époques !

Vous présentez également des bijoux futuristes ou réalisés par des insectes…

Michèle Heuzé : A la fin de l’exposition, nous montrons des bijoux de têtes thermo-sensibles qui entraînent la visualisation des émotions (Theunseen Swarovski) ou encore le bijou de visage « Flourotec Cybernetic Head System » de Dominic Elvin.  Et en effet, on peut aussi se passer de l’homme en faisant réaliser des bijoux par des larves de trichoptères !  Un joli clin d’œil à Lalique qui aimait tant mettre en scène le monde des insectes !

Interview réalisée par Kyra Brenzinger

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
Exposition « Medusa, Bijoux et tabous »
Du 19 mai au 05 novembre 2017
Commissariat: Anne Dressen
En collaboration avec Michèle Heuzé et Benjamin Lignel, conseillers scientifiques
www.mam.paris.fr

Légendes :

Affiche de l’exposition avec reproduction d’une œuvre  de Salvador Dalí par Henryk Kaston, broche Ruby Lips, années 1970-80 – Or 18 carats, rubis, perles de culture  – Miami, Collection particulière © Photo : Robin Hill René Lalique, collier « Noisettes » de 1899-1900 Van Cleef & Arpels, Bracelet Ruban, 1959 – Platine, or jaune, Serti Mystérieux rubis, diamants Collection Van Cleef & Arpels © Van Cleef & Arpels Sam the Duong collier FrozenMeret Oppenheim, Bracelet, 1935  -Fourrure, métal. Pièce unique. Paris, collection particulière © Meret Oppenheim © ADAGP, Paris 2017
Vivienne Westwood Crown, Royal Blue Velvet -Jewelled Crown With Orb and Fur, collection « Gold Label », automne/hiver 2000-2001 – Or jaune, or blanc, velours, faux cristaux, perles de plastique, fausse hermine © Vivienne Westwood Ltd
Bijou de tête thermo-sensibles qui entraînent la visualisation des émotions (Theunseen Swarovski)
Bijou de visage « Flourotec Cybernetic Head System » de Dominic ElvinEvelyn Hofer, Anjelica Huston portant The Jealous Husband (vers 1940) d’Alexander Calder, 1976 – Photographie © Estate of Evelyn Hofer © 2017 Calder Foundation New-York / ADAGP, Paris 2017
Faux ongles en palladium et diamants, brevet déposé par Mellerio en 1953 – Collection Mellerio © Mellerio
Cartier Paris, Collier Serpent, commande de 1968 – Platine, or blanc et or jaune, diamants, émeraudes de forme poire (yeux), émail vert, rouge et noir – Photo : Nick Welsh © Collection Cartier
Bruce Metcalf – Broche Nunc Stans Circle
Peter Chang bracelet en résine de couleurs
Photo de Michèle Heuzé