Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité
Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité

Souhaitant présenter les influences des arts de l’Islam sur la production de bijoux et d’objets précieux, le musée des Arts Décoratifs Paris et le Dallas Museum of Art ont coproduit cette exposition avec le soutien de la Maison Cartier et la collaboration exceptionnelle du musée du Louvre.

Plus de 500 pièces ont été merveilleusement mis en scène par le Cabinet d’architecte américain DS+R.

À travers un parcours thématique et chronologique décliné en deux volets, l’exposition retrace, dans une première partie, l’origine de cet intérêt pour les arts et l’architecture de l’Islam à travers le contexte culturel parisien du début du XXe et explore le climat de création autour des dessinateurs et des ateliers, à la recherche de leurs sources d’inspiration. La seconde partie illustre le répertoire de formes inspiré par les arts de l’Islam depuis le début du XXe siècle jusqu’à nos jours.

Créée en 1847 par Louis-François Cartier, la Maison est initialement spécialisée en vente de bijoux et d’objets d’art. Son fils Alfred reprend la direction de l’activité en 1874 et y associe son fils aîné Louis en 1898. Cartier conçoit alors ses propres bijoux tout en poursuivant une activité de revente de pièces anciennes. Au début du XXe siècle, Louis Cartier est à la recherche de nouvelles sources d’inspiration. Paris est alors le haut lieu du commerce de l’art islamique et c’est certainement au travers des grandes expositions organisées à Paris, au Musée des Arts Décoratifs en 1903 puis à Munich en 1910, que Louis découvre avec passion ces formes nouvelles qui imprègnent progressivement la société française.

Dès l’introduction, le visiteur est plongé au cœur des formes et des motifs : trois créations emblématiques de la Maison Cartier sont mises en regard de chefs- d’œuvre des arts de l’Islam. Tout au long de la galerie nord, l’enfilade de salles invite à explorer le processus de création, à la recherche des premières sources d’inspiration des bijoux. Les ouvrages conservés dans la bibliothèque de Louis Cartier et la collection d’art islamique qu’il a réunie sont autant de ressources rendues accessibles aux dessinateurs. La collection personnelle de Louis, reconstituée grâce aux archives de la Maison, est ici présentée au travers de plusieurs chefs- d’œuvre réunis pour la première fois depuis la dispersion de la collection. Parmi les dessinateurs, figure au premier rang Charles Jacqueau, dont le fonds de dessins est ici présenté grâce au prêt exceptionnel du Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris.

L’exposition se poursuit avec les voyages que Jacques Cartier entreprend notamment en Inde, en 1911, pour rencontrer les princes de la péninsule. Le commerce des pierres précieuses et des perles ouvre à Jacques Cartier la voie vers ce pays. Ils lui permettent de développer la clientèle des maharadjahs et de collecter des bijoux anciens et contemporains, pour les revendre en l’état, s’en inspirer ou les recomposer au sein de créations nouvelles.

Ces différentes sources d’inspiration et les bijoux orientaux qui enrichissent les stocks de la Maison contribuent au renouvellement des formes mais aussi des techniques de fabrication. Les aigrettes, les pompons, les bazubands (bracelet allongé fixé sur le haut du bras) sont déclinés à l’envie et adaptés dans leurs formes, leurs couleurs et leurs matières au goût du jour. La flexibilité des bijoux indiens donne naissance à des innovations techniques, de nouvelles montures et assemblages. L’intégration de parties de bijoux, de fragments d’objets islamiques, désignés comme « apprêts », et l’utilisation de textiles orientaux pour créer des sacs et accessoires constituent également l’une des marques de création de la Maison en ce début de XXe siècle.

La seconde partie de l’exposition est entièrement consacrée, dans la galerie sud, au répertoire des formes inspirées par les arts de l’Islam, à travers, notamment, des œuvres du Musée des Arts Décoratifs et du musée du Louvre. La plupart de ces œuvres ont été présentées lors des premières expositions consacrées aux arts de l’Islam, alors certainement vues par les dessinateurs de la Maison ou connues par eux au travers des publications conservées dans la bibliothèque de Louis Cartier.

Célèbre pour sa production de bijoux de style guirlande, la Maison Cartier développe, dès 1904, des pièces dont les lignes s’inspirent des compositions géométriques issues des arts de l’Islam découvertes au travers des livres d’ornements et d’architecture. Décors de briques émaillées originaires d’Asie centrale, merlons à degrés… constituent les bases d’un répertoire précurseur qualifié plus tard d’« art déco » en référence à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925, et qui très tôt a fait entrer la Maison dans la modernité.

Sous la direction artistique de Jeanne Toussaint, le style de la Maison laisse place, dans les années 1930, à de nouvelles formes et associations de couleurs inspirées essentiellement du monde indien. Tutti Frutti, sautoirs, bijoux en volume caractérisent le style hautement reconnaissable de la Maison et ses nouvelles productions qui émaillent la seconde moitié du XXe siècle.

Pour la première fois, le processus de création d’une grande Maison de joaillerie est mis en lumière. La grande richesse des archives, les nombreux dessins et le fonds photographique ont permis de retrouver la source originelle de nombreuses créations de Cartier et de comprendre l’important impact de la découverte des arts de l’Islam sur la Maison au début du XXe siècle.

 

Pour plus de renseignements :

Le Musée des Arts Décoratifs
Cartier et les arts de l’Islam. Aux sources de la modernité
Du 21 octobre 2021 au 20 février 2022
https://madparis.fr/

 

Légendes :

  1. Diadème — Cartier Paris, commande de 1914 Platine, acier noirci, diamants, rubis Vincent Wulveryck, Collection Cartier © Cartier
  2. Collier draperie — Cartier, Paris, commande de 1947 Or, platine, diamants, améthystes, turquoises Commande du duc de Windsor pour la duchesse de Windsor Nils Herrmann Collection Cartier Studio Gérard © Cartier
  3. 3-Diadème — Cartier, Londres 1936 Platine, diamants, turquoises Vincent Wulveryck Collection Cartier © Cartier
  4. Collier «hindou» — Cartier Paris, 1963 Platine, or, diamants, saphirs, émeraudes, rubis Commande spéciale de Daisy Fellowes en 1936, modifiée à la demande de sa fille, la comtesse de Castéja, en 1963 Nils Herrmann Collection Cartier © Cartier
  5. Ornement de tête — Cartier, New York, Vers 1924 Platine, or blanc, or rose, diamants, plumes -Marian Gérard Collection Cartier © Cartier
  6. Nécessaire — Cartier Paris, 1924 Or, platine, nacre, turquoises, émeraudes, perles, diamants, émail Nils Herrmann Collection Cartier © Cartier
  7. Bandeau — Cartier Paris, commande de 1923 Platine, diamants Nils Herrmann Collection Cartier © Cartier
  8. Pendentif — Cartier Paris, commande de 1902 Or, argent, diamants Ancienne collection Jane Hading Vincent Wulveryck, Collection Cartier © Cartier
  9. Broche-cliquet — Cartier Paris, 1920 Platine, onyx, diamants, saphirs, corail -Vincent Wulveryck, Collection Cartier © Cartier
  10. Diadème — Cartier Paris, commande de 1912 Platine, cristal de roche, diamants – Marian Gérard, Collection Cartier © Cartier
  11. Bouton — Inde, XVIIIe siècle Jade, or, rubis, émeraudes sertis en kundan Paris, musée des Arts décoratifs © MAD, Paris /Jean Tholance
  12. Panneau de revêtement — Iran Finxive-xve siècle Mosaïque de céramique Paris, musée du Louvre, département des Arts de l’Islam, dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris Photo © Musée du Louvre, Dist. RMN- Grand Palais / Raphaël Chipault