Diam Concept : la naissance d’un diamant made in France !
Diam Concept : la naissance d’un diamant made in France !
Diam Concept : la naissance d’un diamant made in France !
Diam Concept : la naissance d’un diamant made in France !
Diam Concept : la naissance d’un diamant made in France !
Diam Concept : la naissance d’un diamant made in France !
Diam Concept : la naissance d’un diamant made in France !
Diam Concept : la naissance d’un diamant made in France !
Diam Concept : la naissance d’un diamant made in France !
Diam Concept : la naissance d’un diamant made in France !

Au cœur de l’université Paris 13 à Villetaneuse au sein du CNRS, le Guide-Joailliers a eu le privilège de visiter le laboratoire de Diam Concept.

Alix Gicquel, présidente et co-fondatrice de Diam Concept, nous explique son parcours et sa stratégie de développement  de création de diamants de synthèse.

Comment avez-vous créé Diam Concept ?

Alix Gicquel : Tout a commencé en 1990, avec la création de la première équipe de recherche de « diamants par plasma » dans ce laboratoire du CNRS à Villetaneuse. Au départ, les recherches se tournaient vers la haute-technologie, appliquée à l’industrie. C’est seulement depuis 3/4 ans que de nouvelles perspectives intéressantes sont apparues dans le domaine de la joaillerie. Ainsi, dès 2016, j’ai créé la société Diam Concept et depuis fin 2018, Philippe Pradel en est le Directeur Général et l’équipe technologique est composée de 2 ingénieurs R&D et d’un technicien. Diam Concept est le premier producteur français de diamants de laboratoire pour la joaillerie.

Comment sont fabriqués vos diamants ?

Alix Gicquel : Nous utilisons la technique CVD plasma (Chemical Vapor Deposition assistée par plasma) qui se développe par couches successives avec un processus de condensation/cristallisation de carbone. Un germe de diamant, créé par Diam Concept, est placé dans un réacteur et grâce à un plasma composé de méthane et d’hydrogène et soumis à une décharge micro-onde, le carbone se condense et se dépose sous forme de diamant. Après environ 4 à 6 semaines, on obtient un brut de diamant d’environ 4 carats qui sera taillé comme un diamant classique et qui conduira à un diamant d’environ 1 carat.

Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec la maison de joaillerie Courbet ?

Alix Gicquel : La maison Courbet, installée en étage sur la prestigieuse place Vendôme, est une marque qui s’est positionnée dès le départ sur les créations à partir de diamants de laboratoire. Les co-fondateurs, Manuel Mallen et Marie-Ann Wachtmeister, m’ont approchée depuis déjà 2 ans  parce qu’ils étaient intéressés par les diamants 100% made in France. Ils ont créé la première collection Pont des Arts, réalisée avec des diamants français, les diamants de Diam Concept, et présentée en novembre dernier, lors d’une conférence de presse. En tout, 8 diamants made in France constituent la collection Pont des Arts avec le plus gros diamant de 1,34 ct, monté en pendentif. Il était évidemment naturel de les accompagner en leur donnant la priorité des tout premiers diamants pour la commercialisation de cette collection.

Quelle est votre capacité de production et envisagez-vous de l’augmenter ?

Alix Gicquel : Actuellement, nous avons produit une soixantaine de pierres grâce à un seul réacteur, de qualités et de couleurs variables allant jusqu’au E. Nous pouvons produire des diamants blancs et jaunes avec des nuances champagne ou cognac. Nous souhaitons étendre notre capacité de production d’ici 2023 pour produire environ 7 500 pierres par an avec plus d’une quinzaine de réacteurs. Tout cela est rendu possible grâce à de nouveaux investisseurs. De plus, nous avons intégré l’Accelair, créé par la Société Air Liquide, qui nous permet de déménager en 2020 et d’accélérer la création du premier site de production.

Est-ce qu’il y a d’autres laboratoires qui vous font concurrence ?

Alix Gicquel : Pour la Société, nous avons conçu le tout premier réacteur de grande taille qui résulte de 30 ans de recherches au Laboratoire du CNRS. C’est donc un énorme investissement et en France, nous sommes à ce jour les seuls. Mais au niveau international, c’est un véritable enjeu avec notamment Diamond Foundry, financé en partie par l’acteur Leonardo DiCaprio aux USA. Mais aussi la Russie ou la Chine ont créé d’importants laboratoires, leur technique reposant souvent sur des moyens de hautes pressions / hautes températures (HPHT).  Les uns proposent quelques diamants de qualité D (Russie) et les autres sont plus orientés sur des diamants mêlés (Chine), semble t-il.

 

Quel est l’enjeu des diamants de synthèse ?

Alix Gicquel : Les diamants de synthèse ont un impact limité au plan environnemental (contrairement aux mines à ciel ouvert) et la traçabilité de ces diamants est garantie. Au niveau éthique, aucun conflit n’est lié aux diamants de synthèse et  les conditions de travail  sont conformes aux normes. De plus, la production de l’extraction des diamants naturels est en baisse, mais la demande de diamant augmente. Donc, nous proposons une solution viable pour les humains et l’environnement. La production de diamant de synthèse en France émet moins de 10 fois du CO2 dans l’atmosphère avec 20 à 50 kg/carat, comparé à des valeurs variant de 200 à 1000 kg pour les diamants de mine. Quant à la consommation d’eau, elle est négligeable puisque nous utilisons des circuits fermés pour réduire au maximum notre empreinte écologique.

 

Pouvons-nous parler de « diamant de culture » versus diamants naturels ?

Alix Gicquel : Aux Etats-Unis, l’appellation de « culture » existe, mais en France, il nous faut encore qualifier ces diamants de « synthèse » ou de « laboratoire », parce que la loi n’a pas encore évoluée sur cette question-là. Mais comme cela existe pour les perles de culture, nous espérons que cela ne devrait pas trop tarder en France. Ce terme est plus fidèle à la réalité car nous reproduisons un processus de la nature mais de façon accelérée.

Quel est le potentiel du marché ?

Alix Gicquel : Actuellement, les diamants de synthèse ne représentent que 2% des diamants vendus sur le marché et les principaux producteurs sont situés aux Etats-Unis, la Russie et la Chine.  Ils sont proposés à la vente entre 30 et 50% moins chers. De nouvelles marques émergent et de grands groupes commencent à s’y intéresser comme De Beers et d’autres qui vont se dévoiler en 2020. Proposer une alternative française avec un circuit court est un enjeu crucial pour la joaillerie et notamment les marques françaises. Je suis personnellement très fière de participer à cette belle aventure !

Contact : DIAM CONCEPT

https://diamconcept.eu/fr/

https://www.courbet.com/

Interview, réalisée par Thomas Estachy et Kyra Brenzinger dans le cadre du Bachelor Luxe à l’Ecole ING-EAC

Légendes :

  • Les diamants de synthèse se forment dans le réacteur grâce à la technique du CVD
  • Alix Gicquel, présidente et co-fondatrice de Diam Concept dans son laboratoire de recherche
  • L’université de Villetaneuse où se situe le CNRS et la société Diam Concept
  • Un germe de diamant, créé par Diam Concept sur lequel se dépose les couches de diamant
  • Un diamant Fancy deep brown de 2,38 carats créé par Diam Concept
  • Un diamant Faint brown de 0,40 carat, certifié par l’International Gemological Institute
  • Conférence de presse de la maison Courbet avec les co-fondateurs, Manuel Mallen et Marie-Ann Wachtmeister, pour le lancement de la collection Pont des Arts ornée des premiers diamants made in France par Diam Concept
  • Maison Courbet, pendentif de la collection Pont des Arts, avec un diamant de 1,34 ct et créé à partir d’un diamant brut de synthèse de 8 cts
  • Maison Courbet, parure Pont des Arts
  • Maison Courbet, bracelet de la collection Pont des Arts