Le diamant au cœur des Rendez-Vous Gemmologiques de Paris
Le diamant au cœur des Rendez-Vous Gemmologiques de Paris
Le diamant au cœur des Rendez-Vous Gemmologiques de Paris
Le diamant au cœur des Rendez-Vous Gemmologiques de Paris
Le diamant au cœur des Rendez-Vous Gemmologiques de Paris

Réunis autour de Didier Giard, président de l’Association Française de Gemmologie et membre de l’Académie des Sciences d’Outre-mer, de nombreux experts se sont exprimés sur le diamant plus que jamais au cœur  de l’actualité.

Sujet polémique, le diamant soulève une nouvelle fois la question de l’éthique. L’éthique résonne comme un vœu pieux auquel chacun d’entre nous adhère sans hésitation, et pourtant dans le domaine du diamant, ce mot recèle des réflexions et des actions très diversifiées.

Du Processus de Kimberley à la préservation de l’environnement

De nombreuses organisations, à commencer par le « World Diamond Council (WDC) » qui joue actuellement un rôle mondial stratégique, œuvrent à l’application du Processus de Kimberley , initié dans les années 2000, afin de garantir le respect des systèmes réglementaires et volontaires visant à prévenir le commerce des diamants de conflits.

Etendre l’efficacité du Processus de Kimberley au-delà de l’exportation et de l’importation de diamants bruts en dépit de circonstances géopolitiques instables, tel est l’objectif des professionnels du diamant.

Combiner performance, croissance, innovation et respect des droits humains relève d’un véritable challenge sur des territoires où la confusion règne parfois en maître et où tout et son contraire sont la norme au quotidien…

De nombreuses initiatives pour optimiser la transparence des filières ont été mises en place par les principaux acteurs du secteur avec une exigence de traçabilité de plus en plus forte.  Au delà de la Responsabilité Sociale des Entreprises du secteur diamantaire qui signe un engagement de développement durable, c’est la recherche d’un impact positif sur la société tout en respectant l’environnement qui est au cœur  du débat. Mais à force de vouloir toujours plus de transparence, ne risque t-on pas demain de faire face à des exigences surdimensionnées ?

Un nouveau programme Gemfair

De la mine à l’achat final, c’est toute la chaine d’approvisionnement du diamant qui est concernée par la question de l’éthique qui dépasse le simple jugement moral.

Feriel Zerouki, vice-présidente des relations internationales et des initiatives éthiques du groupe De Beers, a présenté         le programme « Gemfair » qui s’inscrit dans une volonté que l’on pourrait résumer ainsi: « Faire de demain, mieux qu’aujourd’hui… »           .
Le secteur de l’extraction artisanale de diamants emploie environ 1,5 million de personnes dans les pays en développement et le projet a pour objectif de soutenir la démarche de formalisation du secteur et de le développer.

L’originalité du programme initié au Sierra Leone réside dans l’implication de sites miniers artisanaux permettant un enregistrement numérique des diamants extraits de ces sites. Les mineurs formés accèdent à des tutoriels et chaque pierre est identifiée par le biais d’une application dédiée. Le processus a pour avantage d’offrir une rémunération équitable aux exploitants artisanaux et d’assurer la traçabilité des diamants tout au long de la chaine d’approvisionnement.

De nouvelles initiatives dans la taille du diamant

Si les initiatives dédiées à la valorisation de la filière artisanale sont à l’honneur, il existe d’autres progrès qu’il convient de souligner, en particulier dans le domaine technique de la taille.

Eddy Vleeschdrager, expert International et ancien président de la Guilde du Diamant et des pierres de couleur d’Anvers, nous rappelle dans son ouvrage « Dureté 10 » que le travail de la taille est particulièrement technique et fastidieux. La taille a évolué au fil des siècles et  Eddy Vleeschdrager met l’accent sur le fait que nombre de ses progrès technologiques ont contribué à une évolution sociale significative. Dans la première moitié du XXe siècle, l’Union des tailleurs de diamants devint le précurseur du progrès social et en 1937, elle instaura la 1ere semaine de 5 jours (de 8 heures) et les vacances d’été payées pour le secteur diamantaire.

Il y a tout juste un siècle, Tolkowsky établit la première conception de la taille brillant basée sur l’étude scientifique de la propagation de la lumière au travers du diamant grâce à l’usage du dop mécanique allemand (support sur lequel un diamant est fixé à l’aide de pinces afin de positionner l’une de ses facettes sur une meule), généralisé en 1930. La création du centre de recherche scientifique et technologique du diamant (WTOCD) en 1977 fut à l’origine de nombreuses recherches fondamentales sur le diamant et permit l’accélération de l’automatisation du processus de taille.

 

Les évolutions technologiques

Le nouveau système automatique baptisé « Fenix » se charge de la planification de la taille et de la forme choisie à basse température et à une vitesse trois fois supérieure à celle obtenue avec une taille classique. Le tout avec une précision incroyable allant jusqu’à 0,05° pour toutes les tailles. A titre d’exemple, les 53 facettes d’une marquise de 0,88 ct issue d’un brut de 2,67 ct furent taillées en 63 minutes seulement !

L’évolution technologique a aussi contribué à optimiser les processus de détection de plus en plus poussés des diamants de synthèses en particulier dans les mêlées en mettant à disposition des joaillers et diamantaires toute une gamme d’instruments de haute précision (D screen, M- screen, J -screen, D-Tect, alpha analyser).

Ces prouesses technologiques et le gain de productivité qui en résulte s’inscrivent dans la droite lignée du  savoir-faire anversois en matière de diamant.

« Ne vendez pas du diamant, vendez le rêve diamant ! » Tel est le cri du cœur  de Martin Rapaport, président du Groupe Rapaport, en réponse à la morosité ambiante d’un marché challengé par l’avènement du synthétique en joaillerie. Confronté à une technologie de plus en plus affutée qui augmente le risque de confusion en particulier dans les mêlées, l’idée même de revenir aux motivations d’achat ne semble pas illégitime, bien au contraire….

Parions sur le fait que l’implication de chacun servira unanimement la cause de l’une des plus belles richesses de la terre, le Diamant, le seul, le Vrai !

Et… ne perdons pas de vue, cette sage citation d’ Oscar Wilde : «  Aujourd’hui les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien… » !

Christine Masseron

 

 Légendes photo :

1- Didier Giard, président de l’Association Française de Gemmologie et membre de l’Académie des Sciences d’Outre-mer
2- Feriel ZEROUKI, vice-présidente des relations internationales et des initiatives éthiques, Groupe DE BEERS.
3- Eddy VLEESCHDRAEGER, Expert International, ancien président de la Guilde du Diamant et des pierres de couleur d’Anvers, auteur de « Dureté 10 »
4- Martin RAPAPORT, président du Groupe RAPAPORT
5- Taillerie de diamants avec l’aimable autorisation de M. VLEESCHDRAEGER

  • Autres intervenants aux Rendez-vous Gemmologiques de Paris :

Alan BRONSTEIN, président de la Natural Color Diamond Association (NCDIA)
Aurélien DELAUNAY, directeur du Laboratoire Français de Gemmologie (LFG)
David FISHER, Principal Scientist De Beers Technology
Stephane FISCHLER, président du World Diamond Council
Peter KARAKCHEV, directeur des relations internationales du Groupe ALROSA
Greg STEPHENSON, directeur des ventes et du marketing de PETRA DIAMONDS