Emilie Roche réinvente le crochet perlé.
Emilie Roche réinvente le crochet perlé.
Emilie Roche réinvente le crochet perlé.
Emilie Roche réinvente le crochet perlé.
Emilie Roche réinvente le crochet perlé.
Emilie Roche réinvente le crochet perlé.
Emilie Roche réinvente le crochet perlé.
Emilie Roche réinvente le crochet perlé.
Emilie Roche réinvente le crochet perlé.
Emilie Roche réinvente le crochet perlé.

Une technique ancienne

Émilie Roche ne l’a pas inventé mais elle a su redonner vie à cette ancienne technique utilisée au XIXes pour la confection d’aumônières, de bonnets et même de cordons de sonnette !

Curieusement, le crochet perlé fut aussi utilisé dans les Balkans, chez les villageois et dans les geôles de l’empire ottoman où les prisonniers, pour tromper l’ennemi , confectionnaient des lézards et autres reptiles en perles dont la forme sinueuse se prêtait naturellement à la technique du crochet perlé,  afin de les offrir ou de les vendre. Une façon pour eux d’améliorer leur ordinaire.

Repenser la technique devint une obsession pour celle qui acquit l’un de ses petits colliers de verre chiné dans un bazar d’Alexandrie. Comment reproduire cet enfilage de perles souples et fluide qui se love au creux de la main telle  une étoffe précieuse ? Il faudra toute la perspicacité d’ Émilie Roche pour résoudre l’énigme et comprendre que le collier est conçu par une droitière. Elle même étant gauchère, il lui faudra repenser toute la technique à l’envers pour en comprendre toutes les étapes. Forte de son expérience personnelle, elle se met en quête de reproduire la technique avec l’idée de créer des bijoux entièrement tissés main avec de multiples types de perles.

Une affaire de femme

Après la découverte fortuite d’un collier qui la guide dans son projet créatif , Émilie Roche se met en quête d’une unité de production et c’est au détour d’une conversation avec une amie journaliste qu’émerge la solution au cœur du Maroc : Figuig où les femmes savent tisser des perles.

Malgré l’obstacle de la langue, Émilie Roche va au contact et la magie opère entre ces femmes qui ont pour dénominateur commun d’être habile de leurs mains et femme avant tout autre chose. Elles ont le geste délicat, la vue parfois déficiente rend le travail difficile mais qu’à cela ne tienne ! De retour à Paris, Émilie Roche se lance en partenariat avec l’association Lunettes sans frontière, dans une « opération lunettes » qui vise à apporter à ces femmes d’une oasis marocaine excentrée à l’est du pays , les paires de lunettes dont elles ont besoin pour travailler les perles les plus fines.

Émilie Roche a développé sa propre technique d’apprentissage et aujourd’hui, c’est une équipe d’une quinzaine de crocheteuses, toutes membres d’associations féminines figuiguies qu’elle a formé bénévolement qui oeuvrent à la réalisation de ces bijoux en complément de leurs occupations quotidiennes.

Un pari gagné

Forte de sa formation en bijouterie et de son passage chez Fried (fabricant et grossistes en perles), Émilie Roche a réussi son pari en misant sur un savoir faire artisanal qui réinvente le crochet perlé avec une grande variété de perles. Les perles du Japon, perles de Bohème ou perles « magiques » en résine laquée se déclinent dans une subtile palette de nuances de couleurs et de transparences. Mates ou brillantes, lisses ou facettes, de formes parfois étonnantes, les perles tissées une à une jouent avec la lumière comme l’eau vive d’un torrent avec les reflets du soleil.

D’une grande sensualité, les créations d’Émilie Roche habillent notre peau avec une belle simplicité et une incroyable souplesse.

A découvrir sur http://emilieroche.fr/

Article de Christine Masseron

christine.masseron@gmail.com