Philippe Grand, le parurier des maisons d’exception
Philippe Grand, le parurier des maisons d’exception
Philippe Grand, le parurier des maisons d’exception
Philippe Grand, le parurier des maisons d’exception
Philippe Grand, le parurier des maisons d’exception
Philippe Grand, le parurier des maisons d’exception

Après une formation d’orfèvrerie à l’école Boulle, Philippe Grand fait une rencontre qui va changer son parcours professionnel en lui faisant découvrir un nouveau métier qu’il ne connait pas.

Il n’est pas joaillier, il réalise des bijoux  Haute fantaisie en collaboration avec les designers des grandes maisons et ensemble, ils développent des prototypes en petites séries pour des défilés, des évènements ou des red carpets.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire des bijoux ? Avez-vous toujours voulu créer ?
Philippe Grand : Alors non pas du tout ! Après ma formation d’orfèvre qui était très axée sur le métal, j’ai voulu me diriger vers l’histoire de l’art pour faire de la restauration d’objets d’art. Je préférais l’idée de la préservation du patrimoine à celle de la création. Le hasard a fait que j’ai rencontré des paruriers et que j’ai découvert un métier que je ne connaissais pas, mêlant mode et bijoux. Je me suis senti en phase avec ce métier où je n’étais pas si mauvais que ça, et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui encore je m’épanouis dans ce que je fais.

En quoi consiste réellement votre métier ?
Philippe Grand : Je réalise des pièces vraiment liées à mode. A partir de techniques de bijouterie, on peut travailler un bijou de tête, une broche, mais aussi des boucles de ceinture, des bijoux pour des chaussures ou des sacs. Mon travail dépasse le cadre de la parure classique. J’applique vraiment des techniques de bijouterie à la mode. Par exemple, j’ai déjà réalisé des robes en métal pour Dior et Chloé. Je peux réaliser aussi des éléments pour de la broderie. Je m’occupe de tout ce qui touche à une silhouette de mode ou à un accessoire, liés au bijou.

On sait que vous travaillez avec les plus grands, avez-vous des directives très strictes ?
Philippe Grand : Pour moi c’est très cadré. Je travaille vraiment avec les designers et leur projet. Après il est vrai que j’ai toujours une légère marge de manœuvre car j’ai ma main, mon œil, un style qui font que s’ils l’avaient demandé à un autre, le rendu ne serait pas le même. Donc je ne crée pas car il y a toujours un dessin de base, mais souvent le designer est dans l’attente de voir ce que je peux proposer. En réalité, on avance ensemble même si le projet de base ne vient pas de moi.

Est-ce que vous créez pour votre propre marque ?
Philippe Grand : Finalement non car mon métier c’est vraiment de réaliser pour les autres. J’ai déjà sorti une collection à mes débuts, mais le fait de devoir prendre les commandes, suivre les envois, assurer les paiements de clients du monde entier, je perdais l’essence même de mon métier qui est la création et fabrication. En revanche, cela m’a permis de montrer mon travail, mon savoir-faire et mon style et ainsi de me faire remarquer par des équipes de chez Chanel qui m’ont confié ensuite des projets.

Quels sont les matériaux que vous utilisez ?
Philippe Grand : Nous utilisons essentiellement du bronze, doré ou argenté, qui n’est pas considéré comme un métal précieux. Pour les pierres, j’utilise très souvent du strass, mais je travaille parfois des matériaux naturels comme du bois, du marbre, du cristal de roche, du quartz fumé, des pierres ornementales et éventuellement des améthystes, mais ce sont toujours des pierres dans leur forme brute que l’on retaille très peu.

Pouvez-vous nous parler un peu de vos réalisations les plus récentes ?
Philippe Grand : J’ai réalisé en juillet dernier deux colliers importants pour Givenchy et pour Balenciaga. En ce moment, je travaille sur un évènement Saint Laurent avec 40 pièces sorties de notre atelier. Je ne sais pas encore lesquelles seront utilisées, ni de quelle manière, mais cela promet d’être un gros projet, totalement inattendu ! En parallèle, je travaille sur un par-dessus de robe Givenchy entièrement en métal et en strass, comme un filet en bijou, qui va envelopper le corps d’une célébrité pour un évènement prochain.

Est-ce que le Covid a changé quelque chose à votre manière de travailler ?
Philippe Grand : Dans notre atelier, à part des tables éloignées et une ventilation constante, ça n’a pas changé grand-chose pour nous. Il est vrai que l’année dernière tout était à l’arrêt mais aujourd’hui, je trouve qu’on sent qu’il y a une nouvelle énergie. On compose avec la situation et on pense autrement. Le petit bain de foule doit sans doute manquer aux créateurs,  mais la volonté de se renouveler est là donc les projets continuent d’affluer. Pour nous, c’est plutôt encourageant, assez rassurant, même si cela reste incertain comme pour tout.

Article réalisé par Salomé TROUSSELLE , supervisé par Kyra Brenzinger dans le cadre du Bachelor 1 Luxe – Groupe EAC-ING Paris

 

Pour en savoir plus :

Atelier Philippe GRAND – 23 Rue Bisson – 75020 Paris  – Tél. 01 44 62 79 77
@atelier_philippe_grand

 Légendes photos by courtesy Philippe Grand
1-Collier Givenchy, orné de 6 800 strass
2-Look pour Jean-Paul Gaultier
3-Bijou de tête Givenchy
4-Boucles d’oreilles portées par Gigi Hadid pour Off White
5-Collier pour Céline
6-Le parurier, Philippe Grand